Réalisateur du film culte La jetée, Chris Marker est l'une des figures majeures du cinéma. Faute d'une meilleure diffusion de son œuvre, confinée aux cercles restreints des spécialistes, artistes et amateurs inconditionnels, il est aujourd'hui encore trop largement méconnu du grand public. Spirales. Autour de Chris Marker: fragments d'une mémoire collective offre de voir une grande part du travail protéiforme de ce bricoleur de génie, essentiel à la compréhension de la culture occidentale.
Mais Chris Marker est au cœur d'un réseau d'influences esthétiques et politiques que la programmation de Spirales entend rendre manifestes, remettre en contexte, commenter: réalisateurs, proches, collaborateurs ou amis, maîtres ou élèves, sont ici convoqués en témoins d'une mémoire collective et créative de notre contemporanéité.
Davantage qu'à la découverte de la seule œuvre de Chris Marker, Spirales invite ainsi à l'expérience plurielle d'un engagement renouvelé dans le temps de notre Histoire.
sponsors
Les trois films anticolonialistes français réalisés autour de 1950 et conservés à ce jour symbolisent au sortir de la Seconde Guerre mondiale les attentes et les espoirs de toute une génération d'intellectuels affirmés et surtout de jeunes réalisateurs sans peur ni reproche qui paieront très cher leur témérité: emprisonnement, chômage, censure, séquestration de bobines, etc. Leur travail qui consiste à contrer l'information du pouvoir en place et à proposer une contre-éducation est immédiatement censuré. Le gouvernement de l'époque, sans être contre le propos, n'est en effet pas prêt à laisser le public voir ce discours cinématographique qu'il condamne comme un véritable «viol de foule».
Un des tous premiers films français qui s'engagea contre le colonialisme, Les statues meurent aussi évoque, à partir d'une réflexion sur l'art africain, la domination des peuples du continent noir par la France. Il remet surtout en cause les clichés alors en vogue sur la suprématie de la culture blanche. Ce documentaire est le résultat d'une collaboration entre deux futurs géants du cinéma français, Alain Resnais et Chris Marker, qui n'étaient à l'époque que des débutants.
Parti en 1949 en Afrique-Occidentale française à la demande de la Ligue de l'enseignement pour illustrer les bienfaits de l'éducation nationale dans ces colonies, René Vautier témoigne avec force détails de l'exploitation notamment des femmes et des enfants par les multinationales Unilever et Lesieur. Premier film anticolonialiste français, ce pamphlet contre le colonialisme en Afrique noire valut à son auteur treize inculpations et une condamnation à un an de prison. Afrique 50 est aujourd'hui un «classique» du cinéma militant et du cinéma anticolonial.
Tourné en Tunisie en automne 1950, à l'instigation de Jean Beckouche, alors responsable des étudiants coloniaux de Paris, Terre Tunisienne est un réquisitoire en 4 parties, au ton acerbe et sans concession, contre le colonialisme français, traitant tour à tour de la situation agricole, de l'état social, sanitaire et scolaire du pays, du pillage économique et du développement des luttes sociales, syndicales et anticolonisaliste depuis 1936. Ressorti des archives du parti communiste français, il a été numérisé spécialement pour Spirales.
En 1962, avant d'entreprendre La jetée, Chris Marker a vu un grand nombre de films de science-fiction à la Cinémathèque de Bruxelles, dirigée alors par Jacques Ledoux. Mais il est deux films dont l'influence est majeure pour cette œuvre: The most dangerous man alive d'Alan Dwan (1961, aujourd'hui invisible) et Vertigo (Sueurs froides, 1958) d'Alfred Hitchcock. Marker s'en inspire, l'étudie de A à Z, en connaît parfaitement chacune des séquences: dans La jetée (1962), il reprend les idées de la tranche de séquoia géant ou de la spirale de la coiffure de Madeleine, et dans Sans soleil (1982), il va jusqu'à retourner sur les lieux du tournage à San-Francisco.
Scottie, détective de la police de San Francisco, souffre de vertiges. Il croit un jour retrouver dans une inconnue, une femme, Madeleine, qu'il a aimée à la folie et qu'il n'a pu sauver du suicide à cause de sa phobie de l'altitude. Ce film est le préféré de nombreux «hitchcockiens» séduits par ses audaces visuelles et narratives. De plus, le couple Kim Novak-James Stewart fonctionne à merveille. Vertigo est l'adaptation D'entre les morts (1954), roman français de Boileau-Narcejac.
La jetée de Chris Marker tout autant que Souvenir de Michael Shamberg, pour lequel Marker s'occupe de toute la partie infographique, axent leur problématique sur la recherche d'un instant passé vécu et marquant, mais enfoui au plus profond de la mémoire. Partant du postulat que «rien ne distingue les souvenirs des autres moments: ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître, à leur cicatrice», l'approche stylistique très différente des deux réalisateurs se rejoint sur le fond, face à l'impossibilité pour en expurger la souffrance, de retourner aux sources d'un trauma et d'en réécrire fidèlement l'histoire.
Une voix-off ouvre le film: «Ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance». Cet homme garde avec netteté le souvenir du visage d'une jeune femme au bout de la jetée de l'aéroport d'Orly. Plus tard dans les profondeurs d'un Paris en ruines suite à la Troisième Guerre mondiale nucléaire, l'homme est choisi par des scientifiques pour voyager dans le temps et explorer le passé et l'avenir en vue de secourir le présent. Un photo-roman hallucinant qui a inspiré L'armée des 12 singes de Terry Gilliam.
Chris Marker réalise le clip pour cette chanson du groupe anglais Electronic, composé de Bernard Summer du groupe New Order, de l'ex-guitariste des Smiths, Johnny Marr, et du chanteur des Pet Shop Boys, Neil Tennant. Le film est produit par Michael Shamberg, pour lequel Marker réalisera des images infographiques intégrées au long métrage Souvenir (1997).
«Ce dont vous ne vous pouvez pas vous souvenir, vous ne l'oublierez jamais!», tel est le credo de Souvenir, jouant sur la multiplicité et la mémoire, le passé et le présent, la narration et le désir, le son et l'image, kaléidoscope aux formes insaisissables. Souvenir est une quête d'un trauma passé, une réflexion sur la famille, sur l'éloignement et le décalage qui existent entre le rêve et la réalité. Chris Marker réalise toute la partie infographique du film.
Chris Marker et Pierre Lhomme, accompagnés d'Antoine Bonfanti, partent à l'assaut de Paris, au premier printemps de Paix 1962. Mais qu'est-ce qui préoccupe les Parisiens? Pour répondre à la question, pas de tour ni détour, tout droit à la case départ: le Parisien sous toutes ses formes. L'idée est belle, mais reste la technique. Et là, il faut tout inventer. Jean Rouch et Edgard Morin viennent de projeter le premier film de «cinéma vérité», Chronique d'un été (1960), mais les caméras et le matériel de prise de son sont encore trop encombrants et lourds. Pour aller au plus près d'une vérité, il faut repenser entièrement le matériel. Ce qui est fait avec Le joli mai, ce qui aussi annonce l'avènement de la Nouvelle Vague.
Mai 1962. La guerre d'Algérie et celle d'Indochine sont terminées. La France est en paix. Le pays change. Chris Marker et Pierre Lhomme descendent dans les rues de Paris. Ils y brossent le portrait de leurs contemporains, des hommes et des femmes justement de la rue. Comme un air de liberté passe dans ces images qui ont montré combien profondément le pays et le cinéma avaient changé.
Chez les animaux, comme chez les humains, les relations de couple sont soumises à une règle précise: il y a toujours un dominant et un dominé, même si parfois le rapport de force peut s'inverser. C'est ce qu'explorent, tour à tour avec humour, ironie ou délicatesse, sur des modes poétiques ou fictionnels, Chris Marker, le maître, et Laurence Braunberger, Isild Le Besco, Étienne Sandrin, les élèves.
Tout part d'une jeune rate qui s'échappe de sa cage et se retrouve dans l'appartement d'un cinéaste parisien. Qui la baptise Leila, du nom donné à la journaliste Florence Aubenas par ses ravisseurs en Irak... Cette jeune rate a du caractère et rejoue l'un de ses rituels préférés comme une vraie pro devant la caméra de Chris Marker, plutôt porté sur les chats jusqu'alors…
Danser dans la neige/ Danser sous la neige/ Sur une place de Paris/ Pour lui…/ Pour qui?/ Le miroir bientôt franchi/ Est pourtant loin d'être brisé/ Avec un chat curieusement rencontré/ Commence alors une étrange relation/ Entre la danseuse et le chat, qui ici/ Disparaît et réapparaît là-bas/ Serait-ce un jeu de séduction/ Un chassé-croisé amoureux?/ Peu importe pourvu que déjà se dessine un «Patte de deux»…
Placé chez des retraités, Nicolas, 14 ans, fugue. En route, il rencontre Charly, une ado vivant dans une caravane et qui se prostitue pour survivre. Tourné en 15 jours, Charly scrute avec pudeur et finesse le difficile passage à l'âge adulte, entre le désir d'être adulte et la peur de le devenir. La mise en scène parfaite et un jeu d'acteur irréprochable font de ce film une pure réussite.
La guerre du Vietnam a inspiré un grand nombre de films de guerre plus ou moins simplistes ou dirigés. Plus concrètement, elle a amené une partie de la population, et surtout la jeunesse, à prendre conscience de son pouvoir et de son devoir de citoyen. Aujourd'hui encore, les révoltes populaires attachées à ce conflit servent de référence. La sixième face du Pentagone et Loin du Vietnam analysent les effets politiques de cette guerre et considèrent tant l'émergence d'une conscience civique que la force du collectif.
En 1967, les recruteurs de l'armée US sillonnent les campus des universités pour enrôler des étudiants au Vietnam. Le 21 octobre de la même année, des milliers de pacifistes marchent sur le Pentagone. De l'avis même de Chris Marker, cette marche est un tournant dans la radicalisation du mouvement anti-guerre. Des préparatifs de la marche à Greenwich Village jusqu'à l'affrontement avec les militaires, les cinéastes multiplient les points de vue avec virtuosité et réalisme.
Chris Marker a supervisé ce film segmenté, dirigé par une poignée de réalisateurs parisiens dont Jean-Luc Godard, qui n'habitait pas alors le canton de Vaud. Ceux-ci, qui sont tous à la mode à l'époque, désiraient apporter leur écot à la lutte contre la politique américaine dans le Sud-Est asiatique… Un film inégal aux résultats discutables, mais avec des séquences formidables, comme celle des manifestations new-yorkaises.
En réalisant L'aveu, basé sur la vie d'Arthur London, Costa-Gavras sème le trouble dans les rangs du parti communiste français et offre aux yeux de tous ce que certains s'efforcent encore de cacher: les côtés très obscurs du stalinisme. Avec On vous parle de Prague, Chris Marker assène davantage encore le message, indéniable, et offre au (télé)spectateur un regard sur le tournage du film, bien informé en présence d'Arthur London.
Sur le tournage de L'aveu, l'adaptation du livre d'Artur London, victime des procès de Prague, On vous parle de Prague… montre l'équipe au travail. Marker interviewe techniciens, acteurs (Montand, Signoret), réalisateur (Costa-Gavras), scénariste (Jorge Semprun) et Artur London lui-même. Et tous de s'interroger: «doit-on toujours dire la vérité, même si elle apporte de l'eau au moulin de l'adversaire?» Un grand débat de la gauche de l'époque.
Anton Ludvik, vice-ministre des affaires étrangères de la République populaire de Tchécoslovaquie, se sent suivi, épié. Bientôt ce dirigeant communiste sera arrêté, jeté dans une cellule, accusé de trahison, torturé, à deux doigts d'avouer, comme lui demandera le procureur, des crimes qu'il n'a pas commis. Basé sur la véritable histoire d'Arthur London, ce film de Costa-Gavras a connu un grand retentissement en France où, en 1970, le parti communiste bénéficiait d'une certaine influence.
En 1953, deux nouvelles lois à buts mercantiles condamnent à mort le court métrage français. La résistance s'organise immédiatement autour du Groupe des Trente et permet non seulement de sauver le court métrage mais surtout de le repenser de fond en comble. Les différentes réalisations documentaires de cette séance retracent la découverte d'un lieu géographique, sorte d'invitation au voyage baudelairienne où tout est loin d'être «ordre et beauté, luxe, calme et volupté».
Regard sur les habitants de l'île de Sein, en Bretagne, au sortir de la guerre, qui attendent les jours meilleurs du printemps. En quasi-autarcie, seuls les pêcheurs aguerris sortent en mer. Les autres ne se risquent à prendre le large que pour les cas d'extrême urgence. Au regard des habitants du continent, une vie difficile qu'aucun des habitants de l'île ne voudrait abandonner pour autant.
«Valparaiso est une ville extraordinaire, une ville qui a tout connu: les Espagnols, l'incendie, le tremblement de terre, les pirates, la tempête, tout. Une ville torturée...» Invité au Chili à dispenser quelques cours à l'Université et à tourner des films, Joris Ivens réalise avec ses étudiants (dont Patricio Guzman) … À Valparaiso, un de ses films les plus poétiques. Y sont confrontés passé prospère et présent difficile à travers les montées et les descentes des milliers d'escaliers de cette «Vallée du paradis» au 42 collines, premier port du Chili.
À quelques kilomètres du Mans, à Loué, gros bourg à la fois centre de communications et de commerce, les habitants se réunissent autour des foires, comices agricoles et autres fêtes traditionnelles. L'instituteur du village, chef d'orchestre de l'harmonie municipale et maire, commente ces petits événements de la vie rurale dans une série de tableaux drôles ou mélancoliques. La campagne française du début des années 1960 vue par l'un des maîtres du documentaire.
Documentaire peu commun sur le port de Rotterdam. Aux images d'un port actif, frontière de l'Europe, Ivens ajoute celles du «Hollandais volant», personnage de légende qui revient dans son pays après quatre siècles d'absence.
S'il est un pays qui fascine l'Europe au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ce sont bien les USA. Klein, Reichenbach et Marker se laissent entraîner dans la ronde de la toute puissance impérialiste et laissent voir, non sans ironie, un univers déroutant, insolite et merveilleux à tous ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir franchir l'Atlantique. Ces films sont aujourd'hui autant de témoignages d'une époque révolue.
«Les Américains ont inventé le jazz pour se consoler de la mort, la star pour se consoler de la femme. Pour se consoler de la nuit, ils ont inventé Broadway. Chaque soir, au centre de New York, un jour artificiel se lève...». William Klein parcourt de nuit les rues de Broadway et filme les néons, les enseignes lumineuses et les devantures des théâtres dans une symphonie poétique célébrant la ville. Un festival de couleurs et de mouvements pour ce premier film.
L'Amérique insolite, premier film de François Reichenbach qui ait connu un vrai succès, relate les aspects les plus inattendus de l'Amérique. "J’ai voulu prendre le citoyen américain depuis sa naissance jusqu'à sa mort et le suivre dans toutes les circonstances cocasses, burlesques, insolites de sa vie..." Chris Marker en signe le commentaire, édulcoré par rapport à une première version jugée un peu trop critique.
Une journée, de l'aube à la nuit, sur la plage d’Emeryville à San Francisco. Des artistes non identifés laissent, à l'insu de tout le monde, quelques signes fabriqués avec ce que la mer abandonne.
Un des tous premiers films français qui s'engagea contre le colonialisme, Les statues meurent aussi évoque, à partir d'une réflexion sur l'art africain, la domination des peuples du continent noir par la France. Il remet surtout en cause les clichés alors en vogue sur la suprématie de la culture blanche. Ce documentaire est le résultat d'une collaboration entre deux futurs géants du cinéma français, Alain Resnais et Chris Marker, qui n'étaient à l'époque que des débutants.
Parti en 1949 en Afrique-Occidentale française à la demande de la Ligue de l'enseignement pour illustrer les bienfaits de l'éducation nationale dans ces colonies, René Vautier témoigne avec force détails de l'exploitation notamment des femmes et des enfants par les multinationales Unilever et Lesieur. Premier film anticolonialiste français, ce pamphlet contre le colonialisme en Afrique noire valut à son auteur treize inculpations et une condamnation à un an de prison. Afrique 50 est aujourd'hui un «classique» du cinéma militant et du cinéma anticolonial.
Tourné en Tunisie en automne 1950, à l'instigation de Jean Beckouche, alors responsable des étudiants coloniaux de Paris, Terre Tunisienne est un réquisitoire en 4 parties, au ton acerbe et sans concession, contre le colonialisme français, traitant tour à tour de la situation agricole, de l'état social, sanitaire et scolaire du pays, du pillage économique et du développement des luttes sociales, syndicales et anticolonisaliste depuis 1936. Ressorti des archives du parti communiste français, il a été numérisé spécialement pour Spirales.
La découverte du Bonheur dans un paquet de bobines envoyées à la Cinémathèque de Bruxelles amène Chris Marker sur les traces d'Alexandre Medvedkine, le dernier bolchevick. Le réalisateur russe, devenu ami, est un «maître» pour le bricoleur français qui fait sienne l'expérience du ciné-train et offre à tout un chacun, Français, Bosniaque ou Kosovar, la possibilité de s'exprimer, de se défendre face l'implacable Machine de notre société capitaliste.
Khmyr est surnommé le perdant par ses compères moujiks. Il va vivre quelques mésaventures avec un pope mal luné et près de ses sous, un cheval de trait tellement fatigué qu'il ne veut plus rien tirer et d'autres sujets récalcitrants. Tout en avançant sur le chemin du bonheur soviétique. C'est Chris Marker qui a permis de découvrir en France, dans les années 1970, cette comédie bolchevique pleine de vie.
La découverte du Bonheur dans un paquet de bobines envoyées à la Cinémathèque de Bruxelles amène Chris Marker sur les traces d'Alexandre Medvedkine, le dernier bolchevick. Le réalisateur russe, devenu ami, est un «maître» pour le bricoleur français qui fait sienne l'expérience du ciné-train et offre à tout un chacun, Français, Bosniaque ou Kosovar, la possibilité de s'exprimer, de se défendre face l'implacable Machine de notre société capitaliste.
Dans six lettres adressées à son ami Alexandre Medvedkine, mort en 1989, Chris Marker reconstruit la vie et l'œuvre du grand réalisateur russe, et, à travers lui, celle du cinéma soviétique tout autant que celle de l'URSS, de la révolution de 1917 à la perestroïka de la fin du siècle. Un retour remarquable sur un rêve perdu.
Les épisodes d'On vous parle de… sont conçus dans le but de proposer aux téléspectateurs une information sur les événements locaux ou mondiaux en contrepoint à celle, fortement dirigée, du gouvernement et des médias. Pour ce faire, les réalisateurs se rendent sur place, empruntent des documents d'autres réalisateurs ou d'archives, leur apposent un commentaire certes engagé, mais clair et tendant à l'objectivité. L'ambassade prend les allures de l'un de ces épisodes qui relaterait les premiers jour de l'avènement d'une dictature quelque part dans le monde. Il n'en est pourtant rien. La projection des 4 films de cette séance manifeste ici à quel point les frontières entre réalité et fiction sont ténues.
En échange de la libération de l'ambassadeur des États-Unis, enlevé le 4 septembre 1969, un groupe de révolutionnaires brésiliens demande la libération de 15 prisonniers politiques. L'échange accepté, les 15 activistes arrivés au Mexique, un certain nombre d'entre eux s'envole alors pour Cuba où ils racontent les tortures qu'ils ont subies dans les prisons de la dictature militaire. Un documentaire sobre et nécessaire de contre-information sur le front chaud de la guerre froide en Amérique Latine.
Le brésilien Carlos Marighela fut l'un de ces dirigeants de la gauche latino-américaine des années 1960 qui, à la suite de Che Guevara, crut à la nécessité de la lutte armée «contre l'impérialisme», mais en ville, écrivant même un manuel du guérillero urbain. Il paya son credo de sa vie. C'est juste après sa mort que ce court métrage fut réalisé par Chris Marker, alors dans ses années militantes.
En 1973, Salvador Allende, président élu du Chili et chef de file de la gauche dans son pays, est aux prises avec une résistance sans concession d'une droite qui n'accepte pas sa politique et prépare un coup d'État. Allende donne une interview à Régis Debray, dans laquelle il évoque son assassinat possible et même probable.
Après un coup d'état dans une capitale d'Amérique du sud (Chili?), des militants se réfugient dans une ambassade. Une caméra Super-8 capte les inquiétudes, les espoirs des réfugiés et les premières frictions entre eux. Le dernier plan fixe le statut du film (documentaire ou fiction) et le nom de la capitale en état de siège.
Européens, nous connaissons les soulèvements populaires de Mai 68 ou les manifestations américaines à Washington contre la guerre du Vietnam, que nombre de films relatent. Mais qu'en est-il du Japon, ce pays si ordonné et secret? Narita comme Kashima Paradise nous offrent de découvrir les révoltes des populations japonaises: sur un étonnant substrat de culture samouraï, leurs soulèvements restent extrêmement codifiés et contrastent avec l'anarchie de nos manifs, entre badauds, casseurs, policiers infiltrés…
Séance en collaboration avec le Ciné-club universitaire et le «Mois de la culture japonaise 2011».
Réalisé par des militants japonais au printemps 1978, ce documentaire raconte l'histoire du mouvement populaire d'opposition à la construction de l'aéroport de Narita, à Tokyo, avec comme point culminant la prise et le saccage de la tour de contrôle. Un témoignage rare ressorti des archives de l'ISKRA et numérisé spécialement pour Spirales et le Ciné-club universitaire.
Entre Kashima, vaste complexe sidérurgique et pétrolifère, et Tokyo, la capitale, se construit vers 1970 l'aéroport de Narita. Mais les paysans refusent de vendre leurs terres et affrontent les gardes mobiles venus les expulser. Yann Le Masson et Benie Deswarte en tirent le portrait d'une nation et montrent comment les traditions japonaises ont été utilisées par le pouvoir pour faire passer ses projets. Ce film reste la référence du cinéma militant des années 1970.
Sans soleil se présente comme la synthèse des travaux antérieurs de Chris Marker, le tout distillé en une quintessence visuelle et sonore des plus riches. Sous les formes d'une correspondance filmée, Chris Marker problématise les vicissitudes et l'histoire du monde et manifeste sa conception du cinéma, de l'art en général, comme moyen d'expression accessible à chacun. Simple et franc, Sans soleil marque un tournant majeur dans l'œuvre du réalisateur français.
Séance en collaboration avec le Ciné-club universitaire et le «Mois de la culture japonaise 2011».
Une femme lit les lettres envoyées par un cameraman, Sandor Krasna, au fil de ses voyages au Japon, en Guinée-Bissau ou en Islande. Ce voyageur-cinéaste (Chris Marker lui-même?) livre une méditation à la fois poétique et politique sur la mémoire et la représentation de la réalité. Entre carnet de voyage et poésie psychédélique, entre essai théorique et collages romanesques, le cinéaste excelle dans les digressions des chats au Japon et des sourires des femmes guinéennes.
À l'heure de la démocratisation des moyens de tournage et de montage, chacun est en mesure de réaliser un film à peu de frais. Velléitaires, nous l'expérimentons du moins à chacun de nos retours de vacances dont nous échouons généralement à assembler les images en un film achevé. Pour tourner un film, il faut bien sûr un peu de matériel, beaucoup de travail, une idée ou une nécessité, et enfin un soupçon de chance: telle est la leçon que Chris Marker nous offre par son œuvre, reprise ici à travers l'exemple de Greco et Hieronimy.
Séance en collaboration avec le Ciné-club universitaire et le «Mois de la culture japonaise 2011».
Chris Marker feind de se prendre au jeu du tourisme au Japon. Promenade nonchalante dans les rues de Tokyo en compagnie d'Arielle Dombasle, des musiciens du dimanche, des takenoko, des dames-vendeuses dans le labyrinthe des souterrains et de quelques chats. Un street-movie, fragment de mémoire individuelle, souvenir d'un futur aujourd'hui disparu.
La mode à Tokyo, dans la rue et sur les podiums. À travers les arrêts d'une ligne de métro circulaire, Pascal Greco et Charles Hieronymi nous offrent un souvenir de la culture japonaise, dans lequel la mode de la rue n'a rien à envier à la mode du prêt-à-porter et de la haute couture.
Pour se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde et pour un peu que cela l'intéresse, le citoyen lambda peut recourir au travail des journalistes relayés dans les médias. Mais qui détient l'information, détient le pouvoir, et si hier le pouvoir était politique, il est aujourd'hui financier. L'information est devenue fonction de l'audimat, ce «goût des téléspectateurs» que les médias réduisent à son expression la plus médiocre: le divertissement. Quatre courts métrages de Chris Marker exemplifient ici les dysfonctionnement des médias et proposent quelques solutions pour y remédier.
Le procès du couple Ceausescu, leur exécution, le spectacle en direct de la fin d'un régime totalitaire apparaît sur l'écran cathodique. L'histoire se construit entre deux tranches flash spéciaux. Critique, Chris Marker recrée les séquences et insère chaque spot publicitaire à l'intérieur même du document, dénonçant ainsi l'absurdité, la complaisance morbide et le voyeurisme des médias.
Au camp de réfugiés de Roska à Ljubjana en Slovénie, des jeunes bosniaques présentent tous les soirs un journal télévisé, résultat de leur lecture critique et de piratage d'autres téléjournaux de CNN, SkyNews et Radio Sarajevo.
François Crémieux, soldat de l'ONU dans la zone de Bihac en Bosnie, tire de son expérience un bilan lucide et d'une clarté remarquable.
La ville de Mitrovica, au nord du Kosovo, est devenue célèbre à cause de son pont, celui qui séparait la population albanaise du dernier bastion serbe. Bajram Rexhepi, chirurgien engagé comme tel dans l'Armée de libération du Kosovo, analyse avec lucidité les circonstances qui l'ont fait maire de Mitrovica.
Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français entreprend un projet d'éducation par le biais du cinéma. Le genre du documentaire pédagogique répond alors encore à des critères poussiéreux et lasse très vite son public. De jeunes réalisateurs, parmi lesquels Chris Marker, Alain Resnais, André Heinrich ou Raymond Vogel, décident de revoir ces formules désuètes et de fonder un nouveau cinéma documentaire destiné à l'éducation des masses. Une véritable renaissance, pleine de vivacité, d'imagination et d'intelligence déferle alors sur les écrans.
Commandé et réalisé en collaboration avec Gaston Diehl et Robert Hessens, ce film a pour but de décrire le travail du peintre. Il est le premier d'une courte série qui fera le succès d'Alain Resnais et lancera sa carrière, avant qu'il ne décide de prendre une nouvelle direction, du côté de la fiction.
Sur un projet initial du Ministère des affaires étrangères et de la RTF repris par le célèbre producteur Pierre Braunberger, Alain Resnais propose une visite guidée dans les entrailles de la Bibliothèque Nationale de France, traversant les offices et décrivant l'organisation de cette grande machine culturelle au sein de laquelle se conserve toute la mémoire du monde. Un film synthèse de deux conceptions de la «modernité»: l'une portée par l'institution et apparentée à la rationalité des processus industriels, l'autre revendiquée par les auteurs du film, nourrie de littérature d'anticipation.
Ce court métrage se présente comme un polar, il confronte le spectateur à une enquête menée par un journaliste d'investigation, mais en réalité, il s'agit tout simplement d'un documentaire sur la médecine du travail. Les points clés qui font la grande originalité de ce film dynamique et palpitant, c'est la structure narrative rendue par le montage à laquelle est adjoint un commentaire symbiotique. Une belle réussite pour le quatuor Forlani, Heinrich, Marker, Resnais qui collaborèrent déjà sur Toute la mémoire du monde (1956).
Ce court métrage est un documentaire didactique et hygiéniste sur la soif, ses origines, ses raisons et les moyens que l'homme a trouvé pour la contrer. De l'effort de l'alpinisme à la marche quotidienne ou aux loisirs des citadins, de la fatigue des bureaucrates ou des orfèvres aux dures journées des ouvriers de la sidérurgie, la soif obsède. Pour l'étancher, l'homme a inventé la bouteille… et produit les jus de fruits, sirops et autres sodas.
André Suire embarque dans un avion, une caméra fxée sur son casque afn de filmer pour la première fois un saut en parachute.
Avec Yves Montand, Andreï Tarkovski est peut-être le personnage avec qui Chris Marker s'est senti le plus proche. Certes Marker admire le travail hors norme et infini de Tarkovski, mais une amitié sincère lie les deux hommes. C'est du moins ce que laisse entrevoir le documentaire Une journée d'Andreï Arsenevitch. Cependant ce film n'est pas qu'un simple témoignage poignant sur la vie d'un homme d'exception, il est aussi une mise en abyme du travail même de réalisation, plus particulièrement ici celui du montage, qui éclaire notre réception du Sacrifice.
Portrait du cinéaste russe Andreï Tarkovski, exilé en Europe et dont la fin est proche, ce film entrelace de manière subtile des extraits de ses sept œuvres, les ultimes réglages une journée durant du dernier plan du Sacrifice et les retrouvailles émouvantes avec son fils et sa mère que l'URSS a enfin autorisés à sortir du pays. Chris Marker, tel un «stalker», guide furtif, introduit le spectateur dans l'univers fragile et mystique de Tarkovski. Une magnifique leçon de cinéma.
Avec Yves Montand, Andreï Tarkovski est peut-être le personnage avec qui Chris Marker s'est senti le plus proche. Certes Marker admire le travail hors norme et infini de Tarkovski, mais une amitié sincère lie les deux hommes. C'est du moins ce que laisse entrevoir le documentaire Une journée d'Andreï Arsenevitch. Cependant ce film n'est pas qu'un simple témoignage poignant sur la vie d'un homme d'exception, il est aussi une mise en abyme du travail même de réalisation, plus particulièrement ici celui du montage, qui éclaire notre réception du Sacrifice.
Sur l'île suédoise de Gotland, Alexandre, ancien acteur, fête son anniversaire au milieu des siens. Alexandre plante un arbre mort et dit à son fils qu'en l'arrosant régulièrement et en y croyant, il reprendra vie. Durant cette nuit d'été, une secousse retentit. Les infos annoncent qu'un conflit nucléaire vient d'éclater. Ce film-testament reprend les thèmes de prédilection du réalisateur: la mémoire, la famille, la foi, l'enfance et le rejet du monde matérialiste.
En échange de la libération de l'ambassadeur des États-Unis, enlevé le 4 septembre 1969, un groupe de révolutionnaires brésiliens demande la libération de 15 prisonniers politiques. L'échange accepté, les 15 activistes arrivés au Mexique, un certain nombre d'entre eux s'envole alors pour Cuba où ils racontent les tortures qu'ils ont subies dans les prisons de la dictature militaire. Un documentaire sobre et nécessaire de contre-information sur le front chaud de la guerre froide en Amérique Latine.
Le brésilien Carlos Marighela fut l'un de ces dirigeants de la gauche latino-américaine des années 1960 qui, à la suite de Che Guevara, crut à la nécessité de la lutte armée «contre l'impérialisme», mais en ville, écrivant même un manuel du guérillero urbain. Il paya son credo de sa vie. C'est juste après sa mort que ce court métrage fut réalisé par Chris Marker, alors dans ses années militantes.
En 1973, Salvador Allende, président élu du Chili et chef de file de la gauche dans son pays, est aux prises avec une résistance sans concession d'une droite qui n'accepte pas sa politique et prépare un coup d'État. Allende donne une interview à Régis Debray, dans laquelle il évoque son assassinat possible et même probable.
Après un coup d'état dans une capitale d'Amérique du sud (Chili?), des militants se réfugient dans une ambassade. Une caméra Super-8 capte les inquiétudes, les espoirs des réfugiés et les premières frictions entre eux. Le dernier plan fixe le statut du film (documentaire ou fiction) et le nom de la capitale en état de siège.
De Nanouk l'esquimau, chef-d'œuvre documentaire qui a influencé des générations de réalisateurs, le voyage se poursuit sur les traces des hommes de la baleine. Des pôles à l'équateur, le travail est toujours le même, difficile, dangereux, mais nécessaire à la survie de la communauté. Or l'arrivée des machines et de l'industrie rompt le fragile équilibre. Les films de Mario Ruspoli, auxquels Chris Marker a pris part, sont un modèle du genre: au contraire des documentaires d'aujourd'hui, ceux-là ne trichent pas avec les émotions.
Flaherty suit pendant une année la vie de l'esquimau Nanouk et de sa famille, dans son travail et dans ses migrations, les tâches quotidiennes, la chasse et la pêche, tout en dévoilant au passsage le début de la contamination de cette vie originelle par l'environnement industriel. Nanouk l'esquimau est aujourd'hui considéré comme le premier long métrage de cinéma anthropologique et documentaire de l'histoire, même si la méthode Flaherty est vivement critiquée. En effet, afin de pouvoir tourner dans les meilleures conditions, Flaherty demandait aux protagonistes de jouer les scènes comme au naturel.
Alors que John Huston tourne difficilement un Moby Dick des plus classiques, Mario Ruspoli, prince italien excentrique et mari de Dolorès Grassian, réalise ce documentaire réaliste qui retrace la dure vie des derniers chasseurs de baleines au harpon vivant alors aux Açores. Au dire de Jean Raspail, Ruspoli vivait toujours pleinement sa passion du moment, au point même d'essayer cette difficile pêche au harpon, tout en partageant la vie des pêcheurs avec sa femme. Le film qui parut aussi sous la forme d'un livre put être réalisé grâce au soutien de l'armateur Onassis qui finança le projet.
La baleine a d'abord représenté pour une partie de l'humanité un moyen essentiel de survie. Avec l'industrialisation, et avec elle le grand Capital, la chasse à la baleine est devenue un moyen de faire du profit. Le massacre pouvait commencer. Vive la baleine est un documentaire sans effets ni fioritures, d'une grande utilité pour rafraîchir les mémoires.
La surface perdue et Tokyo-Ga traitent en commun du dysfonctionnement de la société moderne, de son hermétisme, du vide ou de l'excès. Et quel pays mieux que le Japon peut offrir un contraste entre la surpopulation et le vide des lieux. Tout comme les géomètres de La surface perdue, Wenders, sur les traces d'Ozu et en compagnie d'Herzog, part à la recherche de la signification de l'image et des raisons de sa disparition dans le cinéma de la fin du XXe siècle: le vide, essentiel à la beauté de l'image.
Des géomètres sont contraints par leur centrale de vérifier une zone qu'ils ont oubliée. La zone repérée, ils en prennent les mesures qu'ils transmettent à la centrale. Mais, contre toute attente, la centrale leur répond que c'était une erreur, que cette zone n'existe pas. Un court métrage futuriste dans lequel l'absurde monde vivant fait apparaître un univers géométrique glacial et déshumanisé.
Wenders part au Japon sur les traces du réalisateurs Yasujiro Ozu, son «père» spirituel. Le résultat est une réflexion sur la fabrication des images jugée à l'aune de la mondialisation. Une des plus grandes réussites documentaires de Wenders qui rappelle Sans Soleil de Chris Marker.
Les Pocket Films sont de petits films enregistrés avec smartphones, appareils photo ou tablettes. Dans le cadre de sa 17e édition, Cinéma tous écrans lance le concours Pocket Films pour les jeunes de 8 a? 18 ans. Thème: le chat, animal fétiche de Chris Marker.Fonction:Cinéma accueille en projection les productions primées de ce concours.
De retour au Japon, Chris Marker part à la découverte d'un des plus grands réalisateurs de cinéma, Akira Kurosawa, alors en plein tournage de Ran. À travers le portrait ainsi offert de Kurosawa, Marker offre dans un même mouvement réflexif sa propre leçon de cinéma documentaire et celle du grand maître japonais. Une des plus grandes réussites du genre.
A.K. est un documentaire commandé à Chris Marker sur le tournage de Ran, l'un des chefs-d'œuvre de Kurosawa, adapté d'après Le roi Lear. Ne pas faire du reportage sur le tournage une fausse pré-bande annonce du film, qui en dévoilerait, en déflorerait l'univers visuel, telle était la contrainte de départ. Dans un parfait respect de l'œuvre à naître, Chris Marker a produit un des meilleurs documents jamais fait sur la réalisation d'un film.
De retour au Japon, Chris Marker part à la découverte d'un des plus grands réalisateurs de cinéma, Akira Kurosawa, alors en plein tournage de Ran. À travers le portrait ainsi offert de Kurosawa, Marker offre dans un même mouvement réflexif sa propre leçon de cinéma documentaire et celle du grand maître japonais. Une des plus grandes réussites du genre.
Le vieux Hidetora Ichimonji, seigneur féodal puissant, pense qu'il a atteint ses limites. Il passe son pouvoir à ses trois fils. Le plus jeune l'avertit qu'il n'est pas bon de diviser ses pouvoirs et ses possessions. Alors que les deux plus âgés semblent très heureux. Hidetora exilera celui de ses fils qui le critique et sera trahi par les autres. Cette adaptation du roi Lear par Kurosawa est un moment somptueux du cinéma japonais.
Excellence du travail de l'élève – Dan Geva – dans lequel le maître – Chris Marker – se reconnaît à un point tel qu'il renonce désormais à projeter sa propre réalisation, jugée obsolète: la copie dépasse le modèle.
Sur les pas de Description d'un combat réalisé en 1960 par Chris Marker, film bilan des douze premières années du nouvel État d'Israël, Dan Geva fait le point sur le même État, dans les mêmes lieux, avec les mêmes personnages, mais près de 50 ans plus tard. Il nous présente ainsi un Israël d'aujourd'hui, image d'un futur anticipé par Marker, à tel point qu'aujourd'hui Marker refuse que soit projeté sa Description d'un combat, jugé dépassé.
Quatre films sur un même sujet: Paris et les Parisiens. Suivant le commentaire du Joli mai, Chris Marker offre à voir «les 5000 hectares du monde où il a été le plus pensé, le plus parlé, le plus écrit; le carrefour de la planète qui a été le plus libre, le plus élégant, le moins hypocrite. Cet air léger, ce vide au-dessous de moi, faisant l'instantification qu'on vient d'accumuler de l'esprit, du raisonnement, du goût. Tous les accidents du travail sont ici des accidents de la pensée.»
Un documentaire inclassable et rare sur les rituels du jeu dans la vie parisienne au début des années 1960, de la séduction dans la rue à l'éblouissement provoqué par les nouveaux supermarchés. Un film réalisé à partir des rushes du Joli mai de Chris Marker et Pierre Lhomme, sur lequel Catherine Varlin était «librettiste». Un film sorti de l'ombre et numérisé spécialement pour Spirales et le Ciné-club universitaire.
Retour dans le Quartier Latin des années 1970 pour rencontrer l'éditeur François Maspéro qui parle de son rôle de diffuseur de la pensée révolutionnaire contemporaine à travers sa librairie «La Joie de lire» et sa maison d'édition, espaces de contre-information et de réflexion politique.
Dans les rues de Paris, des hommes et des femmes marchent, se rencontrent, discutent, s'évitent au milieu d'une circulation empressée. Réalisé à partir des rushes du Joli mai (1962) de Chris Marker et Pierre Lhomme, tout comme Jouer à Paris de Catherine Varlin (1962), ce court métrage ne comporte pas de commentaire si ce n'est un poème d'Aragon dit en préambule par Jean Négroni, narrateur de La jetée (1962) dont Jean Ravel était déjà monteur.
Peu de temps après le choc de septembre 2001, des Chats apparaissent sur les toits de Paris: graphisme simple et maîtrisé, qui tranche avec la virtuosité complexe des tags, ils affichent un large sourire. Au risque de se rompre le cou, quelqu'un intervient la nuit pour faire flotter un message de bienveillance sur la ville. En suivant la piste de M. CHAT, ce film se construit de surprise en surprise. Dernier long métrage de Chris Marker, il est un ultime manifeste engagé, tout autant qu'un mode d'emploi de la méthode Marker à l'usage de tout un chacun.
Projetée pour la première fois au Festival de Cannes en 1976 et au Chili en 2006, La spirale décrit pas à pas l'ensemble des processus qui ont permis le coup d'État chilien du 11 septembre 1973 contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Le protagoniste central en est le peuple chilien tout entier, avec ses différentes tendances et aspirations. Pour la première fois dans une révolte populaire, les étudiants, les ouvriers et les femmes au foyer sont du côté de la police et de la répression. Bien loin d'être un simple manifeste de gauche, ce documentaire est un exercice magistral d'écriture de l'Histoire, dont le commentaire de Chris Marker a poussé à une refonte complète de la structure originale. Une réussite cinématographique proposée ici en parallèle à un autre chef-d'œuvre du documentaire sur le même sujet: La bataille du Chili.
Véritable démarche d'analyse des images, ce document expose selon un dispositif narratif le plus objectif possible les différentes stratégies des droites chiliennes à la tête des principaux médias et soutenues par la CIA pour saboter la victoire de Salvador Allende aux élections présidentielles le 4 septembre 1970. À partir de diverses archives, ce film exceptionnel retrace la chronique de la mise à mort annoncée d'une expérience d'unité populaire de trois ans au Chili.
Mai 68. Les dés sont joués. Chris Marker lui-même observe que «les appareils politiques traditionnels ont déjà commencé de sécréter les anticorps qui leur permettront de survivre à la plus grande menace qu'ils aient rencontrée sur leur chemin». Pourtant, les classes populaires continuent à revendiquer des droits pour un meilleur niveau de vie, financier mais aussi culturel. En quelques traits vifs et visionnaires, cette séance dresse un portrait de la lutte.
L'expérience des ciné-tracts est lancée en mai et juin 1968 à l'initiative de Chris Marker. Jean-Luc Godard la décrit comme suit: «Le magnétoscope et tous ces petits films, c'était un moyen simple et peu cher de faire du cinéma politique, pour une section d'entreprise ou un comité d'action, puisque la bobine coûte cinquante francs tout compris. Et surtout l'intérêt est moins la diffusion que la fabrication. Cela a un intérêt local de travailler ensemble et de discuter. Cela fait progresser. Et puis la diffusion peut se faire dans les appartements, les réunions. On peut les échanger avec d'autres films de comités d'action voisins. Cela permet de repenser à un niveau très simple et très concret le cinéma. Cette fabrication peut faire comprendre aux gens qui font du cinéma qu'il faut travailler avec les gens qui n'en font pas, et comme la fabrication est extrêmement simple, les gens qui n'en font pas comprennent que les problèmes de cinéma sont simples en fait, et qu'ils ne sont compliqués que parce que la situation politique les complique.» (Tribune socialiste, 23 janvier 1969)
Les témoins du procès de Meulan (où les fichiers d'une mairie furent bouleversés pour dénoncer les trafics qui s'y perpétraient au détriment des immigrés) dénoncent l'exploitation des immigrés, les trafics à l'embauche et la vente des cartes de travail. Un regard sur le monde des immigrés en France en prise directe, une contre-information essentielle et nécessaire à l'information dirigée des pouvoirs politiques en place.
Cinq ans après Mai 68, à la suite de l'échec des négociations salariales avec la direction des usines des montres Lip, les ouvriers se mettent en grève. Ils séquestrent la direction et en appellent au gouvernement. Au bout de quelques jours, ils décident de s'approprier l'entreprise et reprennent le travail en autogestion. Mais de nouveaux conflits apparaissent. Puisqu'on vous dit que c'est possible, organisé et monté par Chris Marker, témoigne de ce processus de renversement qui eut à l'époque un grand retentissement en France.
De la déception d'un ouvrier d'usine à son ascension syndicaliste, ou comment aux alentours de 1970, l'ouvrier entre dans la lutte pour obtenir un minimum de droits et une qualité de vie décente face aux cadences inhumaines des 4x8. Sur les traces de Medvedkine et du ciné-train, le cinéma militant selon Chris Marker est fort semblable à celui du groupe Vertov et de Jean-Luc Godard à la même époque. Le film devient une arme.
Un jour de 1962, Colette Magny, ancienne secrétaire bilingue à l'OCDE, plaque tout pour se lancer dans la musique sans rien y connaître. Après des débuts sur les différents fronts de luttes populaires en France et à l'étranger, elle rejoint le groupe Medvedkine de Besançon en 1968. Dans Rhodia 4x8, elle interprète une chanson tirée de son album Mai 68, dédiée aux luttes ouvrières de l'usine Rhodiacéta de Besançon, le tout sur des images de films d'entreprises. Le titre tient aux journées de travail des ouvriers qui faisaient les 4x8, une cadence éprouvante en total décalage par rapport à la vie familiale.
Marret et Marker retracent les luttes ouvrières à l'usine Rhodiacéta de Besançon de 1967 qui sonnèrent pour eux comme une répétition générale avant le grand mouvement de mai 68. Pour la première fois, les ouvriers ne revendiquaient pas des hausses de salaires mais avant tout de meilleures conditions de vie.
Le premier film réalisé par les ouvriers du Groupe Medvedkine, fondé par Marker, suit la création d'une section syndicale CGT dans une usine d'horlogerie. C'est une ouvrière, entr'aperçue dans À bientôt j'espère…, et novice en la matière, qui en a pris l'initiative. On découvre comment elle parvient à mobiliser les autres femmes de l'entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.
Avec Level Five, Chris Marker traite deux de ses thèmes de prédilection: la mémoire et l'écriture de l'Histoire. Il s'y insurge contre l'oubli inacceptable, et pourtant tacitement accepté, de tout un pan – des plus horribles et détestables – de l'Histoire de l'humanité. Vainqueurs et vaincus, à l'unisson, passent sous silence le martyr d'une population pacifique.
Un des films inclassables de Chris Marker, à la croisée du documentaire et de la fiction. Sous couvert de l'écriture d'un jeu vidéo, le réalisateur nous offre un voyage dans le temps, durant la bataille d'Okinawa, précurseur du largage des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, et de la guerre froide. Marker y dénonce l'écriture de l'Histoire et ses mensonges acceptés, la manipulation des images, l'impossibilité de récrire un présent à jamais perdu. Cependant, le devoir de mémoire et le besoin du souvenir sont autant d'éléments indispensables au développement de l'humanité, même s'ils ne vont pas sans heurt.
Au cours de ses pérégrinations, un astronaute amateur se voit confronté à divers périls par esprit scientifique et par naïveté, pour être finalement détruit par un vaisseau spatial auquel il était pourtant venu en aide. Cette parabole poétique et surréaliste prend corps dans le contexte politique de la guerre froide. Elle a été primée plusieurs fois pour son avant-gardisme.
Inspiré par l'œuvre de Charles Fourier, l'inventeur du phalanstère, et par des peintures du Portugais Eduard Luis, qui a co-écrit l'argument de ce court métrage, La brûlure des 1000 soleils est aussi une fable amoureuse. Une invitation à l'utopie et à l'amour des femmes… Beau programme plein de sensualité.
Une voix-off ouvre le film: «Ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance». Cet homme garde avec netteté le souvenir du visage d'une jeune femme au bout de la jetée de l'aéroport d'Orly. Plus tard dans les profondeurs d'un Paris en ruines suite à la Troisième Guerre mondiale nucléaire, l'homme est choisi par des scientifiques pour voyager dans le temps et explorer le passé et l'avenir en vue de secourir le présent. Un photo-roman hallucinant qui a inspiré L'armée des 12 singes de Terry Gilliam.
Honorant une commande du Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, Alain Resnais a voulu rappeler le souvenir de la déportation et des camps de la mort, celui des dispositions dites Nuit et Brouillard, Nacht und Nebel, du 7 décembre 1941. Son travail serein s'appuie sur un texte de Jean Cayrol, ancien déporté, et aborde de nombreux aspects de cette période horrible de l'histoire, notamment la part prise par l'État français, un passage victime de la censure.
Retour sur l'histoire du socialisme, des débuts enthousiastes et généreux à la fin désabusée et trahie. Une leçon d'histoire sans sentimentalisme ni faux semblants, pour ne pas oublier et pour ouvrir les yeux.
Ce film culte et fleuve, pourtant réduit de 4 à 3h, montre l'insoumission des années 1967 à 1977 face aux loups de tous les pouvoirs: en Chine la faction pour Mao; à Cuba le désespoir suicidaire du Che au profit de Fidel; au Vietnam le défouloir technologique US; en Tchécoslovaquie la tragédie muette; en France des images de Mai qui tremblent; au Chili des putschistes aux lunettes noires. Un montage divisé en deux parties: les mains fragiles et les mains coupées. Un film indispensable sur l'histoire du socialisme.
Deuxième film d’Haroun Tazieff, Le volcan interdit décrit le travail du vulcanologue sur le Niragongo, un des volcans les plus actifs et dangereux de la planète. Tazieff et son équipe ne se bornent pas à la simple approche didactique du métier. Ils étudient aussi les réactions (religieuses, superstitieuses) des hommes face au volcanisme. Pionnier dans la médiatisation de la vulcanologie, Tazieff embarque dans cette aventure Chris Marker, auteur du commentaire, qui en échange intégrera dans Sans soleil des images prises en Islande par son ami vulcanologue.
Commencée en 1948, interrompue pour des raisons politiques et religieuses, l'exploration du cratère du Niragongo, «celui qui fume», est reprise dès 1959 par Haroun Tazieff et son équipe. Une périlleuse descente aux abords de l'enfer.
Dans la série de portraits réalisés par Chris Marker, trois s'attachent à des artistes ou des acteurs: la photographe Denise Bellon, le chanteur et acteur Yves Montand, et sa femme, l'actrice Simone Signoret. Chris Marker fait partie de leur cercle privé, il peut offrir un regard intime et personnel aux spectateurs qui, de leur côté, découvrent l'œuvre d'une vie sous un angle secret ou jusqu'alors inaccessible.
Un parcours fascinant sur le travail de Denise Bellon, photographe et sympathisante du groupe surréaliste, réalisé en collaboration avec sa fille Yannick, où les photographies sont déchiffrées comme annonciatrices d'un futur à venir.
Le 12 février 1974, Yves Montand fit un triomphe avec un one man show donné au profit des réfugiés fuyant le Chili de Pinochet. Chris Marker a filmé l'événement ainsi que sa préparation difficile. Cela faisait dix ans que Montand n'avait pas fait de scène. Les gros plans sur le visage, sur les mains qui battent la mesure, l'air ou parlent, montrent la solitude du chanteur en quête de perfection.
Quatre jeunes réalisatrices, quatre essais cinématographiques qui témoignent de la variété des regards portés sur la conscience de vivre une existence singulière, de la diversité des expériences qui s'aiguisent face à la réalité, ici et maintenant… ou ailleurs.
L'auteure refuse l'aliénation de la routine, et cherche sa place d'adulte, au sortir d'une enfance qui l'a marquée. Elle s'efforce de trouver un équilibre et nous invite à redécouvrir certains petits bonheurs du quotidien qui interpellent nos cinq sens afin d'en questionner un sixième, le sens de la vie.
Cette fiction suit le personnage de Patricia, prisonnière d'une blessure de l'enfance. Une photographie l'obsède, reflet de son passé douloureux. Parviendra-t-elle à consoler cette petite fille qui pleure encore en elle?
Le retour sur un lieu de vacances et la découverte d'une architecture victime de saccages sont à l'origine de ce film tourné en Croatie. Le projet se penche sur ces retrouvailles douloureuses, évoque les souvenirs d'enfance liés à ce lieu et tente de saisir des ressentis sur ce passé aux plaies encore ouvertes.
Questionner l'attachement aux codes, normes et valeurs d'une société. Se jouer des clichés. Interroger le lien entre l'individu et sa nation. Sous forme de saynètes, la réalisatrice met en images le dilemme de l'identité. Tantôt poétique, philosophique ou décalé, un essai qui explore avec humour les contours du sentiment d'appartenance à une culture.
La frontière entre réalité et fiction est des plus ténues. La réalité rejoint parfois la fiction, dans l'absurde, l'abjecte, l'horreur. Quatre films sont confrontés ici pour passer de l'anticipation angoissante d'un futur imaginé au passé bien réel que certains voudraient oublier par peur ou par idéologie. Un retour sur les profondeurs obscures de l'âme humaine orchestré, de près ou de loin, par Chris Marker.
Au cours de ses pérégrinations, un astronaute amateur se voit confronté à divers périls par esprit scientifique et par naïveté, pour être finalement détruit par un vaisseau spatial auquel il était pourtant venu en aide. Cette parabole poétique et surréaliste prend corps dans le contexte politique de la guerre froide. Elle a été primée plusieurs fois pour son avant-gardisme.
Inspiré par l'œuvre de Charles Fourier, l'inventeur du phalanstère, et par des peintures du Portugais Eduard Luis, qui a co-écrit l'argument de ce court métrage, La brûlure des 1000 soleils est aussi une fable amoureuse. Une invitation à l'utopie et à l'amour des femmes… Beau programme plein de sensualité.
Une voix-off ouvre le film: «Ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance». Cet homme garde avec netteté le souvenir du visage d'une jeune femme au bout de la jetée de l'aéroport d'Orly. Plus tard dans les profondeurs d'un Paris en ruines suite à la Troisième Guerre mondiale nucléaire, l'homme est choisi par des scientifiques pour voyager dans le temps et explorer le passé et l'avenir en vue de secourir le présent. Un photo-roman hallucinant qui a inspiré L'armée des 12 singes de Terry Gilliam.
Honorant une commande du Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, Alain Resnais a voulu rappeler le souvenir de la déportation et des camps de la mort, celui des dispositions dites Nuit et Brouillard, Nacht und Nebel, du 7 décembre 1941. Son travail serein s'appuie sur un texte de Jean Cayrol, ancien déporté, et aborde de nombreux aspects de cette période horrible de l'histoire, notamment la part prise par l'État français, un passage victime de la censure.
Ce film culte et fleuve, pourtant réduit de 4 à 3h, montre l'insoumission des années 1967 à 1977 face aux loups de tous les pouvoirs: en Chine la faction pour Mao; à Cuba le désespoir suicidaire du Che au profit de Fidel; au Vietnam le défouloir technologique US; en Tchécoslovaquie la tragédie muette; en France des images de Mai qui tremblent; au Chili des putschistes aux lunettes noires. Un montage divisé en deux parties: les mains fragiles et les mains coupées. Un film indispensable sur l'histoire du socialisme.
L'univers de Terry Gilliam est des plus riches et déjantés: des Monthy Python à Brazil, en passant par Las Vegas Parano ou L'imaginarium du docteur Parnassus, folies et démesures sont toujours au rendez-vous. Mais qu'arrive-t-il quand cet univers rencontre celui de Chris Marker, sur les marécages brumeux des studios hollywoodiens? L'armée des douze singes revisite La jetée, exercice réussi au dire de Marker.
2035, sur la Terre... À la suite d'une épidémie virale, fruit d'un acte de terrorisme commis en 1997, la population a été décimée. Les survivants vivent réfugiés dans les sous-sols. Un des habitants de ce monde enfoui, James Cole, devient le cobaye d'une expérience de voyage dans le temps, projeté vers l'année 1996. Il doit recueillir des informations sur le drame et tenter de prévenir la catastrophe. Inspiré librement de La jetée, ce film a beaucoup plu à Marker.
En 1973, neuf mois avant le coup d'État de Pinochet, le jeune cinéaste Patricio Guzmán entreprend un tournage qui se révèlera sans précédent. «À l'époque, je voulais montrer les visages anonymes, les milliers de sympathisants et militants engagés dans la tourmente politique», explique-t-il. Sa caméra se mêle à l'effervescence chilienne de cette année fatidique, saisit au vif les témoignages, les réactions, et peint au final, à grand renfort de plans séquences, la lutte des classes comme une longue fuite en avant. Un documentaire d'exception classé fréquemment parmi les dix meilleurs films politiques du monde, à voir en parallèle à la reconstitution minutieuse du film collectif La spirale.
Film documentaire et néanmoins monumental, La bataille du Chili retrace la crise du gouvernement Allende, se heurtant à la résistance de la bourgeoisie, puis le coup d'État violent de Pinochet. Il revient enfin sur l'expérience de pouvoir populaire qu'a connue le pays pendant trois ans. Tout au long du film de Guzman, la lutte des classes prend un relief saisissant.
Film documentaire et néanmoins monumental, La bataille du Chili retrace la crise du gouvernement Allende, se heurtant à la résistance de la bourgeoisie, puis le coup d'État violent de Pinochet. Il revient enfin sur l'expérience de pouvoir populaire qu'a connue le pays pendant trois ans. Tout au long du film de Guzman, la lutte des classes prend un relief saisissant.
Film documentaire et néanmoins monumental, La bataille du Chili retrace la crise du gouvernement Allende, se heurtant à la résistance de la bourgeoisie, puis le coup d'État violent de Pinochet. Il revient enfin sur l'expérience de pouvoir populaire qu'a connue le pays pendant trois ans. Tout au long du film de Guzman, la lutte des classes prend un relief saisissant.
Véritable démarche d'analyse des images, ce document expose selon un dispositif narratif le plus objectif possible les différentes stratégies des droites chiliennes à la tête des principaux médias et soutenues par la CIA pour saboter la victoire de Salvador Allende aux élections présidentielles le 4 septembre 1970. À partir de diverses archives, ce film exceptionnel retrace la chronique de la mise à mort annoncée d'une expérience d'unité populaire de trois ans au Chili.
Une femme lit les lettres envoyées par un cameraman, Sandor Krasna, au fil de ses voyages au Japon, en Guinée-Bissau ou en Islande. Ce voyageur-cinéaste (Chris Marker lui-même?) livre une méditation à la fois poétique et politique sur la mémoire et la représentation de la réalité. Entre carnet de voyage et poésie psychédélique, entre essai théorique et collages romanesques, le cinéaste excelle dans les digressions des chats au Japon et des sourires des femmes guinéennes.
À la fin des années 1950, Chris Marker est souvent sollicité par ses pairs pour écrire le commentaire de leur films. Alors que Paul Paviot, qui lui avait permis de réaliser son premier film en solo Dimanche à Pékin, lui fait la demande d'un commentaire pour Django Reinhardt, Marker décline la proposition. Paviot n'a d'autre recours que de jeter tout à trac: «Fais-le au moins pour la mémoire de Django!». Marker part alors furieux, pour revenir quelques jours plus tard sur sa décision. Django Reinhardt est à ce jour LE film sur la vie du fondateur du jazz manouche qui imprégna profondément la jeunesse parisienne des années 1940-50 au même titre que Charles Trenet, le Fou chantant.
Ce film donne la parole aux proches de Django Reinhardt: son frère Joseph Reinhardt; son complice du Hot Club de France, Stéphane Grappelli et Babik Reinhardt, le digne fils de son père. Remasterisé et augmenté de quelques scènes, ce documentaire est le film de référence de la Djangomania!
Manouches en français, Gitans en espagnol, Tziganes en hongrois mais Roms dans leur propre langue! Django Reinhardt était donc un Rom qui a eu la chance de ne pas vivre sous l'ère Sarkozy-Hortefeux-Guéant... Ce documentaire britannique retrace l'héritage du guitariste rom le plus célèbre en partant de Samois-sur-Seine, ville où il vécut les dernières années de sa vie et où se déroule, depuis 1968, un festival en son nom.
web design: julien.jespersen@unige.ch